ULB : Un Conseil d’Administration délocalisé pour enterrer la démocratie

enterrementMalgré les mouvements récents d’étudiants, de chercheurs et de travailleurs visant à reporter le vote sur la réforme des statuts que des administrateurs en fin de mandat s’apprêtent à adopter, suivant fidèlement le plan des autorités de l’ULB, le Conseil d’Administration risque de porter ce soir un coup fatal à l’héritage de ‘68. En mai 68, une minorité d’étudiants, de chercheurs et de travailleurs ont bloqué l’université pour imposer une réforme des organes de gestion, désireux plus de démocratie. En octobre 2013, un quarterons d’administrateurs s’apprêtent à détricoter tous les acquis, et ont choisi la place royale pour enterrer la démocratie. Quel meilleur symbole en effet de la nouvelle gouvernance autoritaire de l’université que de délocaliser son conseil d’administration ?

Par leur action conjointe, des étudiants, des chercheurs et des travailleurs ont réussi à dissiper les mensonges orwelliens et systématiques des autorités, qui masquent par des discours d’ouverture leurs pratiques répressives, tout comme le voile démocratique tissé de simulacres de consultation (d’ailleurs présentés comme des séances « d’information » à la communauté universitaire) jeté sur une réforme strictement managériale.

Une assemblée générale ouverte à tous les étudiants a décidé ce midi d’exiger le report du vote sur les amendements statutaires pour mettre en place un débat contradictoire digne de ce nom sur le fond de la réforme ainsi qu’un référendum sur les nouveaux statuts. Par ailleurs, l’assemblée générale condamne les violences policières de lundi et affirme sa solidarité avec les revendications des syndicats des travailleurs.

L’assemblée générale a décidé d’envoyer deux émissaires exposer ses revendications devant le Conseil d’Administration et d’organiser un rassemblement à 19h30 devant le Brussels Info Place « BIP », Place Royale, à la lisière de la zone neutre, lieu qu’ont choisi les autorités de l’ULB pour faire avaliser leur réforme.

L’Union syndicale étudiante (USE) participera au rassemblement, déterminée à faire entendre ses positions. Nous ne désespérons pas de faire entendre raison aux administrateurs, dont nous attendons autre chose que des communiqués. En ce qui nous concerne, notre conception de l’intérêt étudiant nous empêche de nous concevoir comme acteurs du suicide de la démocratie participative.

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